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 there are no anchors heavier than people [w/poppy]

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Basil Cobalt
◦ you want a heart in this life, you pay for it.
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Messages : 552
Avatar, © : irons (©clau aka picasso).
Multinicks : syl, daphne.
Pseudo : belispeak, anaïs.
Age : twenty-nine years old and a severe case of peter pan syndrome.
Job : owner of the sceptic's companion, a bar in central fortingall.
Status : cute but psycho.
Top wishes : avoid problems, get out of this shithole of a town for a bit, visit Rob's grave.

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MessageSujet: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Lun 19 Déc - 21:55

you said “tell me about the sea, love, tell me
about the rocks. tell me how how our love is tragic
and can only end in tragedy”
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La ponctualité n'a jamais été son point fort. A l'approche des fêtes, les rues de Fortingall grouillent de monde et Basil s'efforce de marcher d'un pas rapide tout en évitant de bousculer l'un des nombreux passants, une course contre la montre qui est perdue d'avance. Lorsqu'il pousse la porte du cabinet notarial la respiration haletante, il sait qu'il a exactement treize minutes de retard.  Une secrétaire l’accueille, il expose la raison de sa visite et une salle d'attente lui est cordialement indiquée. Un rafraîchissement lui est proposé, il décline avec un sourire bref mais courtois avant de s'éloigner, soupirant de soulagement quant à sa venue pas-si-tardive que ça au final. Parce que, pour une fois, il veut en fait être là, Basil. Il est en retard partout, oui, mais c'est véritablement parce qu'il traîne les pieds, Basil. Il tente d’échafauder des scénarios tous plus sophistiqués les uns que les autres pour repousser l'inévitable, il laisse le temps s'étirer à l'infini et soustrait jusqu'à la dernière seconde qu'il peut sauver - tout pour se libérer des responsabilités dont il n'a jamais voulu. Et puis, quand il marque enfin son entrée dramatique alors que tout le monde avait perdu espoir de le voir arriver, il hausse simplement les épaules et formule parfois, quand il se sent d'humeur particulièrement généreuse, des excuses dont le manque profond de sincérité est à peine dissimulé. Il est détaché et dénué de la moindre once de culpabilité. Mais il ne s'agit pas d'une de ces journées où il doit se plier à des obligations sociétales dont il n'a que faire. Il a choisi d'être ici, et il n'est toujours pas foutu de se pointer à l'heure. Quoique, pour sa défense, la notification a été soudaine - la veille seulement - et effectuer les arrangement nécessaire pour la tenue du bar en son absence s'est avéré plus ardu qu'espéré - qui aurait d'ailleurs pensé que gérer un bar serait si compliqué ? Certainement pas lui. La conscience un peu moins lourde, il entre dans l’antichambre où il est supposé patienter. C'est là qu'il croise un regard noisette qui n'est que trop familier. La pièce semble rétrécir à vue d’œil et l'air lui manque, comme si sa présence était si imposante qu'elle s'étendait jusqu'au dernier recoin de la salle, comme si elle engloutissait chaque atome d'oxygène en suspension. Son premier instinct est de chercher les issues, un besoin viscéral de se sortir de n'importe quelle situation aussi inconfortable que celle-ci aussi rapidement qu'humainement possible. Ensuite, il se demande comment il a pu faire pour ne pas y avoir pensé plus tôt. Il est ici pour Rob, bien sûr que Poppy, sa fille, serait ici aussi. Une évidence si accablante que cela en deviendrait risible, s'il n'était pas trop abasourdi pour y voir une quelconque trace d'humour. Quand est-ce qu'il l'a vue pour la dernière fois ? Il n'en n'est pas certains. Ces derniers jours - semaines ? mois ? -, il les a passé comme un fantôme qui se mouve machinalement, l'ombre de lui-même, à subir son quotidien. Les moments de répit sont éparses et coupés courts, il se fait toujours rattrapé par une réalité ô combien abrutissante. Basil s'est aussi découvert un talent insoupçonné : il est si bon à l'ignorer qu'il ne l'a jamais aperçue, pas même au détour d'une rue - un désir secret, enfoui, qu'il refuse de s'admettre à lui-même. Bien sur, au début, elle l'a appelé. Les sms n'ont toutefois jamais été ouverts et les messages supprimés avant même d'être écoutés. Alors elle a cessé de lui écrire, elle a raccroché le téléphone pour de bon. C'est aussi comme ça qu'il a compris qu'il a réussi avec brio, parce que, Poppy, elle n'abandonne pas facilement. Le silence est pesant, l'atmosphère est glaciale - le genre de froid contre lequel son manteau ne ferait rien, ça vient de l'intérieur, d'une âme meurtrie. Qu'est-il supposé dire ? Bonjour ? Ça semble si stupide, si loin d'englober tous les non-dits. Mais il ne peut pas supporter le poids du silence alors il le rompt et c'est à peine mieux.   Is your mother also coming? En vient le problème d'où s'asseoir. Deux chaises sont à sa disposition : l'une en face d'elle et l'autre à ses côtés. La première le forcerait à la regarder dans les yeux, et la seconde l’assujettirait à sa proximité physique. Sinon, il pourrait aussi rester debout comme un demeuré. Le choix est vite fait, il s'adosse contre la porte et enfonce ses mains dans les poches de son pantalon, priant un Dieu auquel il ne croit pas qu'on vienne le tirer de là.  

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you and I are two oceans apart, we're on earth to break each others hearts, in two.


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Poppy Bloom
— sunshine mixed with a hurricane.
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Avatar, © : alicia vikander, hathaways, p.d.
Pseudo : ivy.
Age : twenty-seven y.o.
Job : linguistics PhD, specializing in scottish gaelic folklore.
Status : single & elusive. 'you pressed your lips against mine and drowned me with promises you didn't keep.'
Top wishes : cross everything off the list, figure things out, stop grieving.

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Lun 19 Déc - 23:51

i bet if we dusted her heart for fingerprints,
we'd only find yours.


Et Poppy, qui aime à s'imaginer l'exactitude des savants, elle est toujours à l'heure. Jamais avant, jamais après, elle pénètre dans les lieux à la minute près. Elle a la grâce facile, la courtoisie solaire, et donne l'impression partout où elle va de ne pas avoir besoin de montre. D'être invoquée simplement car on a besoin d'elle, car elle est attendue. Si la ponctualité est la politesse des rois, c'est idéal, car elle a besoin d'un regain de majesté, aujourd'hui. Le port-de-tête abattu par la mort d'un père, le départ d'une mère, le silence d'un amant, et la disparition de la Poppy qu'elle était auprès d'eux tous, ce port-de-tête qui parvenait à peine, timidement, à goûter aux étoiles à nouveau, est retombé. Un coup de fil la veille a suffi à lui faire boire la tasse, alors qu'elle pensait s'être hissée définitivement hors de l'eau. Elle croyait en avoir fini avec la paperasse, les responsabilités. Elle croyait avoir mis tout cela derrière elle trois mois auparavant, avoir enterré son père une bonne fois pour toutes. A quoi ça tient, le deuil, franchement. Un appel, dix minutes de trajet et une signature. C'est ce qui lui a été dit au téléphone, du moins. Juste une signature. Une simple formalité. Ça prendra cinq minutes. Assise dans l'antichambre où on lui a gentiment demandé de patienter – elle est visiblement la seule reine ici – Poppy croise une jambe. Change d'avis et croise la seconde. Lisse sa jupe. Ote une poussière de la surface de ses collants. Qu'il entrouvre à peine la double porte en chêne, lui lance les papiers au visage, elle s'en fiche, elle les rattrapera au vol, elle veut juste en avoir fini, s'en aller. Elle veut ne jamais avoir à la franchir, cette porte, elle veut rester à la lisière, elle préfère la tiédeur du purgatoire. Face à elle se trouve une horloge aux aiguilles alambiquées, une de celles créées pour marquer l'opulence et non pas pour donner l'heure. Elle s'accroche à la trotteuse, Poppy, et a la distincte impression qu'à la seule force de sa volonté, elle a forcé le temps à s'adapter à ses battements de cœur. Il est 17h04 lorsque la porte du bureau baille. Laisse échapper une silhouette sombre et un sourire trop blanc. Elle s'apprête à se lever, lui serrer la main, lorsque les genoux lui sont tranchés par quelques mots : "I'll pop in the upstairs office, as I see we are still waiting for Mr Cobalt. I'll be back in a jiffy." Il s'est écoulé une minute avant que Poppy ne parvienne à traiter l'information, pas même consciente du fait que le notaire s'en soit allé. A la deuxième minute, elle lisse sa jupe à nouveau, croise une jambe, croise l'autre. A la troisième, elle finit par se résoudre au fait que la probabilité qu'il ait fait référence à un autre Mr Cobalt – son frère, son père, un homonyme – est pour ainsi dire inexistante. Quatre, elle se lève.  Cinq, elle essaie de se souvenir de la toute dernière chose que Basil lui ait dite, des derniers mots qu'elle a entendu rouler sur sa langue, et ça fait mal de ne pas y parvenir, ça fait mal car ça lui renvoie au visage sa propre ignorance, ça souligne à quel point sa disparition lui était inattendue. A quel point elle n'a rien vu venir. Si elle avait su qu'elle n'entendrait plus cette voix pendant des mois, elle se serait plaqué les paumes sur les oreilles, elle aurait gardé le son grave lové contre son tympan. Six, elle sonne à Jo, mais tombe sur messagerie. Sept, elle lui écrit un sms. Huit, elle se rassied. Neuf, change de chaise. Dix, elle en veut à son père d'avoir mêlé Basil à tout, d'en avoir fait un Bloom honoraire alors qu'ils n'avaient pas besoin de lui, alors qu'elle était suffisante. Onze, la porte s'ouvre. Pendant tout ce temps, pendant l'éternité sans lui, Poppy, elle ne savait pas sur quel pied danser. Quel costume enfiler. Elle ne savait pas si elle devait être désespoir ou colère. Dans le doute, elle a gardé les deux à l'écart, elle a affronté chaque jour comme un bon petit soldat, elle a maintenu le surplus de sentiment, le trop humain, hors de sa portée. Elle avait peur qu'il lui suffise de s'attarder une seconde sur la douleur cinglante de l'absence pour en être submergée. Mais lorsqu'il croise son regard, une brève seconde seulement avant de détourner les yeux, elle sait, Poppy. Elle sait qu'elle a droit au deux. Aux larmes et aux cris. Qu'elle les a mérités – mais qu'elle sera obligée (pudeur, fierté, décence obligent) de les réserver à Jo. Elle sait qu'elle a droit à des explications ou, au minimum, à des putains d'excuses. Tout ce qu'elle obtient, c'est une question. Vide, inutile, lourde de sous-entendus. Tout plutôt qu'être seul avec toi. Ça la frappe de plein fouet. Ils sont des étrangers l'un pour l'autre, désormais. Et Poppy, qui se sent déjà minuscule, infantilisée par le rejet de Basil, rétrécie par sa propre naïveté, se lève. Mains sagement croisées sur le ventre pour s'empêcher de les serrer en poings. "She's in Perth." Elle a suffisamment étudié les maximes de Grice pour savoir qu'elle devrait s'arrêter là. Pour savoir qu'elle a répondu à la question. Mais il y a ce monstre qui lui lèche les orteils, la rancœur, et c'est lui qui ajoute : "She's been in Perth for six weeks now. Thought you knew." Elle ignore quel feu elle souhaite allumer chez lui. De quelle culpabilité elle veut le charger. Elle revêt la façade de l'apathie comme une seconde peau. Ses traits sont neutres, ne trahissent aucune douleur. Elle est rompue à l'exercice. Mais merde, sa voix, même à ses propres oreilles, elle lui paraît fébrile.   

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of brittle bone. a page left open, a place you’d never known. her margins stained with ink, she read: 
“something beautiful happened here.”




Dernière édition par Poppy Bloom le Lun 26 Déc - 15:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Ven 23 Déc - 14:23


Ça ne devrait pas être si dur. Ne devrait-il pas en fait être envahi par une satisfaction écrasante et incontestable, celle d'avoir pris la bonne décision ? Au point où il en est, Basil prendrait n'importe quoi, juste un foutu signe, qui lui indique que tout ça vaut coup. Que tout ça a un sens, qu'il n'a pas faux sur toute la ligne. Parce qu'il serait tellement plus facile d'être égoïste, de faire ce qui lui plait et de damner les conséquences. Il a déjà ignoré cette petite voix à l'intérieur si souvent, il devenu spécialiste en la matière. Il contourne les règles et les valeurs acceptées, la morale et l'éthique, pour emprunter la voie facile. La solution simple, la porte de derrière à la manière des lâches et des voleurs, ça a toujours été son truc. Et de toutes façons, le biais des gars biens - des gars nobles, altruistes, tout ce qu'il n'est pas - ne le réussit de tout évidence pas. Peut-être qu'il se sentirait tout aussi minable, voire abominable et méprisant, mais au moins il saurait exactement pourquoi, il n'aurait personne d'autre que lui-même à blâmer. Poppy est debout, elle aussi. Ils se rencontrent à pleine hauteur, presque comme s'ils se préparaient s'affronter dans l'un de leurs échanges véhéments, presque comme si rien n'avait changé. Seulement, tout a changé et c'est à peine s'il peut confronter son regard. Il lève les yeux au plafond et dans une imploration silencieuse, il demande : Is that really what you wanted all along, Rob? Elle lui annonce que sa mère est à Perth, qu'elle y est depuis six semaines. Les sous-entendus sont clairs. She left. And so did you. Basil sait exactement ce qu'elle attend de lui, des explications qu'il lui doit probablement. Pourquoi a-t-il disparu du jour au lendemain ? S'il avait les mots juste, peut-être qu'il aurait pu essayer de lui faire comprendre. Il aurait tenté de lui dire qu'il aurait voulu que ce soit ensemble qu'ils soient venus voir le notaire aujourd'hui, mais que ça ne pouvait simplement pas arriver. Parce que c'est impossible. Parce qu'avec lui, c'est toujours tout ou rien et que ça lui est tout aussi naturel que la couleur de ses yeux ou le son de sa voix. Parce qu'il est incapable de se contenter d'une demie-mesure, d'une amitié tiède lorsque tout ce à quoi il peut penser, tout ce qu'il désire vraiment demeure hors de portée. Parce que c'est de la torture d'être à la fois si proches et pas assez. Parce qu'il a promis à son père qu'il se tiendrait à l'écart et qu'il ne pouvait pas revenir sur une promesse à Rob, pas à la personne à qui il doit tout ce qu'il est devenu. Parce qu'il sait qui il est, et ce n'est pas tout le temps une bonne personne et qu'elle mérite cent fois mieux. Il aurait aimé pouvoir dire tout ça à Poppy, mais il a peur que ça ne fasse qu'empirer les choses. Alors, il se tait, prétend que la situation ne l'atteint pas au delà de l'inconfort et la laisse lui en vouloir pour avoir démontré que toutes ses impressions initiales sur lui ont été correctes, parce que vaut mieux ça que pour les vraies raisons. No, I didn't , répond-t-il évasivement, platement, toujours décidé à éviter son regard probablement pour échapper aux accusations qu'il pourrait y lire. Il demeure parfaitement impassible - Dieu merci, il est passé maître en l'art de dissimuler jusqu'au moindre de ses sentiments depuis bien longtemps - même si ça le prend aux tripes, parce qu'il ignorait réellement que sa mère est partie. Il se force à arrêter d'imaginer Poppy seule dans la vaste demeure des Bloom parce que ça ne mènerait à rien de bon, surtout pas ici, surtout pas maintenant. Une question lui brûle les lèvres : Then what the hell are you still doing here, Poppy? Elle est engagée dans de brillantes études qu'elle pourrait mieux approfondir qu'à Fortingall à peu près partout, elle a un avenir promis  formidable qui lui tend les bras. Elle a aussi toujours voulu partir, il le sait. Il se retient néanmoins de la formuler parce que ce n'est plus sa place, peut-être que ça ne l'a jamais été. Le silence reprend finalement ses aises entre eux, uniquement rompu par leurs respirations  inégales et le tic-tac incessant de la vieille horloge. Basil ne pense qu'à en finir pour rentrer terminer la journée au fond d'une bouteille de whisky - possiblement le Macallan, celui qui vaut une petite fortune, caché sous l'évier et qu'il réserve pour les grandes occasions. Visiblement, celle-ci sera parfaite. Have you been waiting for long? , demande-t-il en faisant référence à la porte du bureau du notaire restée fermement close, l'impatience incarnée.

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Lun 26 Déc - 15:48


Poppy, elle n'a jamais été très grande, très imposante. Elle n'a jamais pris beaucoup de place. Gènes maternels, les contours fins. Sa silhouette d'acrobate se glisse dans le coin d'une pièce et, pour ne jamais se faire oublier, elle a appris à compenser par la présence la place que les os n'occupent pas. Basil, il est grand, bien trop, et elle lui en a longtemps voulu pour cela. Il occupe tout le regard, il est impossible à contourner – et c'est ça, qu'elle voulait. C'est ça, qu'elle veut maintenant. Elle veut enfler, pousser, avancer vers le plafond jusqu'à occuper toute la pièce, jusqu'à ce qu'il soit forcé de la regarder, de poser les yeux sur elle. Poppy, tout ce qu'elle veut, c'est agiter les bras jusqu'à ce que leurs prunelles se croisent. Look at the mess you've made. Car elle sait, elle veut croire, qu'elle trouvera une réponse dans ses yeux. Pourquoi ce silence subit. Pourquoi le départ que rien n'annonçait. Qu'ils se connaissent suffisamment désormais pour que le regard confesse ce que les mots cachent. Et peut-être que la réponse à cette foutue question, elle est plus simple qu'elle ne se l'imaginait. Peut-être que la réponse, elle était sous ses yeux depuis le début. Basil, il prend de la place, il occupe tout. Et Poppy, elle, elle se glisse dans le coin d'une pièce – si facile à oublier. Peut-être que tout ce qu'il lui reste à faire, c'est s'y résoudre. Peut-être qu'elle n'a pas besoin de l'entendre pour le savoir. Il le confirme lorsqu'il lui répond qu'il ignorait le départ de sa mère. Poppy et la somme de ses parties ont quitté sa vie aussi facilement qu'elles y sont rentrées. Une porte fermée, elle est restée derrière. Dans ce merdier, elle ignore qui elle a fini par détester le plus. Elle ou lui. Sa négligence à lui ou sa faiblesse à elle. Elle qui prêche la force, la nonchalance, passer à autre chose avec du champagne et un nouveau candidat. Elle, la femme forte, l'héroïne du quotidien, le roseau, pourtant pendue au regard d'un mortel. Prête à remettre sa propre valeur en question car il n'est pas foutu de regarder dans sa direction. Fuck that. Elle se rassied, croise les jambes. Le vent a tourné. Elle sait, désormais. Qu'il a beau être grand, elle a beau longtemps avoir haï la facilité avec laquelle il prenait l'ascendant, sa façon inconsciente de jouer de sa hauteur pour s'imposer, elle n'a pas besoin de ça. L'altitude physique. Car elle a les mots de son côté. Et si ça fait mal de voir ce visage, ses arrêtes et ses angles qu'elle a adoré parcourir du bout des lèvres, elle a trop de fierté pour le laisser paraître. "I have. As a matter of fact, I've been waiting for ages."  Si elle a désormais hâte que le notaire revienne, leur ouvre son bureau pour les laisser échapper, enfin, à la claustrophobique proximité, ce n'est pas de cette attente là qu'elle parle. Que Basil attrape les implications au vol ou non, c'est son affaire à lui. Ça fait longtemps qu'elle attend un mot, une explication, le moindre signe d'une quelconque décence humaine. La preuve qu'il n'est pas le connard qu'elle a longtemps cru qu'il était avant d'apercevoir les traits sous le masque, la vérité derrière le mensonge qu'il tente de lui servir à nouveau. Elle veut la lui arracher, cette façade, la détruire une bonne fois pour toutes. Elle veut se débarrasser de Cobalt pour avoir affaire à Basil. Futilement, Poppy, tout ce qu'elle désire, c'est une réaction. Se prouver qu'elle n'a pas rêvé Basil. Qu'il existe toujours sous l'indifférence. "I got a job offer in Dublin. I'm leaving next month." Shut up shut up shut up. Pourtant, avant qu'elle ne puisse faire marche arrière, sa bouche égrène une nouvelle trahison. "If there's anything of my dad's you'd like to keep, stop by before I sell the house." Du bluff. C'est à l'évidence du bluff, mais elle ignore à quel degré. Si l'offre est bien sur la table, elle ne l'a toujours pas acceptée. Elle hésite, oscille, esquisse deux pas en arrière pour chaque pas en avant. N'a certainement pas l'intention de vendre la maison. Or does she? Il y a cette petite voix, quelque part entre ses oreilles, qui lui souffle que sans la vieille résidence Bloom, elle est libre. Elle n'a plus aucune raison de rester ici, elle ne s'en offre même pas la possibilité. Les déclarations n'étaient pas préméditées mais elle se connaît suffisamment pour savoir pourquoi ses lèvres ont dit ce que la raison n'ose pas prononcer. Le dire à Cobalt, c'est se mettre un gros coup de pied au cul, un ultimatum envers elle-même. Sa comfort zone ou sa fierté. Ses deux seules options, car elle a abandonné depuis longtemps l'espoir qu'il lui demande de rester.   

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Mar 27 Déc - 0:05


C'est seulement après avoir énoncé sa question que Basil s’aperçoit du double sens que celle-ci peut prendre et il ne manque de saisir les allusions implicites au vol dans la réponse de Poppy. Il se mord la lèvre inférieure, regrettant ses dires. Quand elle continue et lui annonce qu'on lui a proposé une place à Dublin, toute son attention est ramenée à elle. Son regard se tourne aussitôt pour se poser sur sa figure, maintenant assise. Il tente de mesurer ses traits, il cherche une quelconque trace d'émotion sur son visage, quoique ce soit qui puisse trahir ce qui pourrait se passer à l'intérieur. Premièrement vient l’incrédulité et elle domine ses propres traits. Alors que, vraiment, il ne devrait pas être surpris. Qu'est-ce qui la retient encore à Fortingall, après tout ? Certainement pas lui. Ensuite, il est envahi par une sorte de soulagement, comme un sentiment de certitude qui annonce une fin proche, tangible. Ce n'est peut-être pas le dénouement qu'il a espéré, mais c'en est un correct, cohérent, et il a depuis longtemps arrêter de compter sur l'espoir. On dit loin des yeux, loin du cœur - c'est sans doute ce qu'il y a de mieux pour chacun d'entre eux, n'est-ce pas ? Finalement, c'est la colère qui s'éveille dans ses veines et il l’accueille comme une vieille amie, les bras grands ouverts. Il la laisse se diffuser dans tout son être et c'est comme se glisser dans des chaussures usées : habituel, d'une facilité déconcertante. Ça fait du bien, d'être à nouveau en terre connue. L'inconfort de la tristesse d'antan est déjà oublié, il est presque heureux de s'en débarrasser, de l'enterrer si loin qu'il pourra nourrir l'illusion de s'en être éternellement acquitté. Parce que, Basil, il préfère de loin être en colère plutôt que d'être triste. Pourtant, il est conscient qu'il n'a pas le droit de lui en vouloir. Elle le lui a annoncé, elle, et ce n'est pas une courtoisie qu'il lui a étendue. De plus, il a eu le temps de s'y préparer. Il n'y a rien d'inopiné, de brusque dans sa déclaration, il savait bien qu'elle finirait probablement par s'en aller. Il choisit cependant d'ignorer la raison - il est bon à ce petit jeu - pour laisser la passion aveugle l'accabler. Parce qu'entre se l'imaginer et l'entendre de ses propres oreilles il y a un monde infini de différence. Parce que, bordel, il ne veut pas qu'elle parte et il ne peut pas lui demander de rester pour tellement de raisons différentes que les dénombrer ne ferait que renforcer sa misère. Parce que c'est lui ça, c'est la personne qu'il a toujours été - il ne s'efforce pas de chercher une autre explication à son comportement - et il est ravi de lui montrer à quel point elle a toujours eu raison. Dublin, huh? Congrats , la félicite-t-il avec un sourire en coin saccharin. L'amertume dégouline de son ton, le venin si acide qu'il ne peut que le laisser s'échapper de peur qu'il le détruise de l'intérieur. La seconde déclaration est toutefois un coups bas auquel il ne s'attend pas. Partir est une chose, brûler les ponts avec sa vie d'ici en est une autre. C'est exactement ce qu'elle fait en vendant la demeure des Bloom, couper ses dernières attaches à Fortingall. Et Basil est incapable de croire qu'elle est prête à aller jusque là pour se défaire de cette ville. Ou peut-être, c'est lui qui donne trop de significations aux choses matérielles. Thanks for the heads up but there's nothing I could possibly want from you anymore. Le mensonge a un goût amer sur sa langue et n'a aucune autre finalité que de tenter de la blesser, de l'atteindre comme elle en train de l'atteindre. De lui prouver qu'il peut jouer sur les insinuations, lui aussi. C'est petit, c'est mesquin et c'est souvent plus fort que lui - rendre coup pour coup, œil pour œil et dent pour dent. Il ne veut vraiment rien de cette foutue de maison. Plutôt que de lui rappeler Rob, quoiqu'il puisse emporter de leur résidence ne ferait que lui évoquer Poppy et comment ils ont tout raté depuis le début. No fucking thanks, il n'a en aucun cas besoin d'un pense-bête, c'est déjà marqué au fer rouge dans sa chair. Il se condamne à une peine à perpétuité, celle de faire tous les jours un détour pour éviter de passer devant la vieille bâtisse. Regarder de nouveaux propriétaires empiéter sur tous les souvenirs qui planent tout autour d'elle est une abomination sans nom et il est révulsé à l'image. Non seulement il va devoir apprendre à faire avec son absence - une vraie, elle sera dès lors dans un autre putain de pays - mais il devra également s'habituer à l'idée qu'elle ne le reviendra pas. C'est pour de bon cette fois-ci. Et rien que d'y penser, la bile lui monte aux lèvres. Good luck in Dublin. Basil croise les bras sur sa poitrine et fixe le mur derrière elle. La tension dans sa mâchoire trahit la tempête interne. Il tente de conforter dans l'idée que c'est pour le mieux, que c'est dans la continuité. Il essaye de se forcer à croire mais n'y trouve aucune consolation. Pas la moindre. Parce que se dire que c'est vraiment le sort auquel il doit se résoudre, c'est pire que tout.

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Jeu 29 Déc - 22:10


A peine la fausse confession s'est-elle échappée de ses lèvres que Poppy en prend la résolution. Imperceptiblement, son dos se redresse, son menton se lève, son regard s'affirme. Elle reprend sa ville, une vertèbre à la fois. Elle reprend sa vie. Et, dans chaque inspiration, elle dit au revoir à Fortingall. Elle a beau être enfermée dans cette pièce décorée avec prétention, son esprit est déjà occupé à parcourir les rues, composer l'inventaire des souvenirs, faire ses adieux à chaque brique sur laquelle elle a grandi. Car, Poppy, elle a une sainte horreur du mensonge. Elle abhorre la vérité qu'on a étirée jusqu'à la rendre méconnaissable, elle ne comprend pas ceux qui s'y résolvent pour la simple raison que la réalité n'est pas suffisamment volumineuse pour pouvoir se cacher derrière. Pour cette raison, elle est précautionneuse dans son usage des mots, elle fait attention à ce qu'elle prononce. Et puis il y a ces moments. La compensation. Les moments où le geyser de paroles s'échappe, ceux où verbe précède pensée. Trop souvent provoqués par Basil, qui a pris l'habitude de mettre à mal le cartésien, de piétiner le rationnel. Elle ne ment pas, Poppy, et si elle exagère les certitudes, elle se rend compte que le fond est vrai. Ce job, cette perspective, elle l'a fait rouler entre ses doigts si longtemps. Incapable de le refuser. Elle l'a posé dans le coin de son esprit, "à décider plus tard". Dès qu'elle en aurait la force, dès qu'elle rassemblerait sa détermination. Basil, sa formule magique. Une minute avec lui, et elle est convaincue. Tout pour se soustraire définitivement à son regard aveugle, qui glisse sur elle sans sembler la voir, ne faisant que lui rappeler avec douleur toutes ces fois où il l'a marquée de ses yeux comme au fer rouge, la faisant partir en fumée. Sauf qu'il l'observe, désormais. Il a fini par daigner baisser les iris sur elle. Elle rencontre son regard, mais avec hésitation, saute d'un œil à l'autre, se laisse danser sur l'arrête de son nez, se love quelque part entre ses sourcils. Ce n'est que lorsqu'elle voit la colère colorer ses traits, infuser sa voix, qu'elle se rend compte que c'est ce qu'elle espérait dès le début. Une réaction déraisonnée, acérée comme un couteau – une réaction qui lui prouverait que, merde, il a beau jouer les indifférents, elle aussi, elle est parvenue à apposer sa marque sur lui. Même s'il a cicatrisé. Même si ce n'est qu'un souvenir, quelques millimètres de peau translucide dans le creux du coude. Il y a les félicitations ostentatoirement fausses, qu'elle attendait, les mots détournés. Ensuite vient le coup de poing. Droit dans l'abdomen, et elle doit faire un effort pour garder la colonne verticale, pour ne pas plier. That. Asshole. Ça résonne, longtemps après que les mots se soient éteints dans l'air entre eux. There's nothing I could possibly want from you anymore. Il oublie qu'elle aussi, dans la savante discipline de distiller la déception en bile, elle est passée experte. "I take it you're not gonna help me pack? Shame. You've always been such a brilliant handyman." Elle n'en a pas l'air comme ça. Elle a les ongles manucurés, Bloom, mais elle a tout de même un bon crochet du droit. Et elle sait que cette conversation va lui coûter cher, au moins la tranquillité et quelques nuits de sommeil. Au moins une bouteille de vin chez Jo et de répondre sèchement aux inconnus souriants. Elle le sait, et elle ne peut rien y changer. Elle n'est pas aussi inaccessible qu'elle se plaît à en donner l'image. Tout ce qu'elle peut faire, c'est s'assurer qu'elle n'est pas la seule à se retourner en vain dans les draps tièdes. "Late, bitter, rude… What a gentleman, Cobalt. Making my father proud, are you?" C'est terriblement mesquin d'impliquer son père de la sorte. Elle en est parfaitement consciente. Mais après tout, ils sont ici pour lui, ou plutôt, par sa faute, pas vrai ? Peut-être qu'elle a le droit d'évoquer son fantôme. Cobalt lui a donné tous les droits quand il a fermé la porte derrière lui. En catimini, à l'anglaise, pas même le courage de la claquer, de faire vibrer les gonds. Pas même celui de laisser un sourire, un post-it, même quelques mots tracés dans la buée de la fenêtre. Bye, trois petites lettres. On fait difficilement plus concis. Elle ne vaut pas même trois putains de lettres. Ses poings se ferment sur sa jupe. Ses yeux échappent à la glace dans ceux de Basil, fuient à travers la fenêtre. Elle lui offre son profil, et si elle espère qu'il y verra un trop-plein de fierté, le geste n'est en fait que lâcheté.  

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Dim 1 Jan - 20:07


Parfois, Basil se dit qu'il aimerait pouvoir se détacher de toutes ses émotions qui le paralysent, de mettre terme à leurs flots comme on couperait un robinet. Fermer la porte sur eux, les enfermer à double tour pour abandonner la clé au fond d'un océan, les laisser rejoindre à jamais les mystères oubliés des abysses du grand bleu. Tout ce qu'il peut toutefois faire, c'est prétendre. Tisser un mensonge si convaincant qu'il parviendra à y croire, jusqu'à, avec le temps, même perdre le souvenir de l'avoir créer. Son contrôle sur lui-même est peut-être illusoire, mais il est confortant. Le mécanisme est lancé. Il peut presque visualiser ses dernières attaches à elle, à eux, se défaire. Des griffes logées dans la chair ses membres retirées une par une. It was never going to go anywhere. Tout les oppose. Ça n'aurait jamais pu marcher. Penser, même l'espace d'un bref instant, le contraire est une erreur. Une dont il s'admet coupable et qu'il devra encore payer par d’innombrables nuits où il sera incapable de fermer l’œil, rythmées par tous ces si qui le hantent. There's nothing more you could've done, it was doomed from the start. La rencontre entre un feu de forêt et une tornade ne mène qu'à plus de dégâts. Rien ne peut naître d'un tel désastre. Il n'y a personne à blâmer. Pas un Dieu marionnettiste, pas un destin cruel, pas un univers défavorable. Juste l'écrasante fatalité. Il lui a fait une faveur en coupant court le premier à qu'importe leur rendait tous les deux aveugles. It never mattered anyway. Assez vite, il redeviendraient de parfaits inconnus avec des centaines de kilomètres pour les séparer. Peut-être qu'ils se recroiseront un jour, en faisant la file au bureau de poste ou une connerie dans ce genre-là. Les années auront passé, l'eau aura coulé sous les ponts. La vie aura depuis longtemps repris son cours ordinaire. Ils échangeront des salutations quelque peu gênées, des formules de politesse mémorisées et répétées, courtoises et vides. Ils se rendront compte qu'ils ne sont vraiment plus rien l'un pour l'autre et que dans le grand schéma des choses, ce moment ne vaut rien. Peut-être qu'ils parviendraient à en rire, même. Mais qu'est-ce qu'on était cons. Et comme ça, tout serait fini. It's for the best. Poppy dit quelque chose, il saisit les paroles au vol mais ne les laisse pas percuter. Drainé, il concentre le peu d'énergie qu'il reste, puisée au fond de lui-même à l'ignorer. Tant mieux, il a besoin d'entraînement. Il se prépare mentalement à son absence. I'm sure you'll do fine on your own. If not, you can hire someone to do the work for you. It wouldn't be the first time, would it? You probably wouln't risk breaking those nails, right? Basil répond, c'est un automatisme, mais le cœur n'y est plus. L'échange est futile, il ne mène à rien. Tout ce qu'ils font, c'est nourrir des fiertés déjà trop grandes, trop envahissantes, trop étouffantes. Un débat stérile dont ils sortiront tous deux perdants. Et puis vient un coup trop bien placé, un crochet du droit dont elle a le secret qui vient se loger juste là où ça fait mal. Non, elle n'a pas le droit. Elle n'a pas le droit de mentionner Rob, pas quand il ressent encore sa perte comme un trou béant en plein dans sa poitrine, quand tout ce qu'il est entrain de faire c'est essayer de le rendre fier et d'honorer sa mémoire. Il serre les dents, serre les poings contre ses côtés. Il tente de retenir les mots, mais c'est en vain. Ils sont partis avant qu'ils ne puisse complètement les enregistrer. You're still not over the fact you weren't good enough for him, aren't you? Come on, Poppy, it's been years now. Seriously, move on. Il a eu suffisamment de conversations avec Rob à ce sujet pour savoir que c'est faux sur toute la ligne et que ça n'a jamais été la raison de leur rapprochement. Son paternel n'a jamais manqué d'amour pour elle et ne taisait pas ses éloges. Or, Basil a connaissances des doutes de Poppy quant à son entrée dans la vie des Bloom. C'est le problème quand on laisse les gens s'approcher d'assez près pour tâter les zones sensibles du bout des doigts, après elles savent exactement où diriger le poignard. Presque aussitôt, il se dit qu'elle a commencé, qu'elle l'a cherché - presque comme si c'était une excuse valable. Merde, alors qu'il s'est résolu à faire la chose sensée et mettre un terme à la joute verbale. Au diable la rationalité, elle ne lui va pas au teint. Anything else you'd like to add? Seeing as we're on the topic and it might be your last chance to get everything off your chest, be my fucking guest. Ses iris, braqués sur elle, se heurtent à son profil. Il la défie. La défie de le regarder, de vider son sac et de lui faire mal. Peut-être que si ils se prennent si facilement à ce petit jeu, s'ils relancent la roue à chaque fois, c'est parce que c'est devenu la seule façon qu'ils ont de communiquer.

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Lun 2 Jan - 18:58


Ils attendent toujours. Depuis ce qui lui semble être une éternité. Juste une signature. Right. Où qu'elle choisisse de poser les yeux, Poppy fait particulièrement attention à ne pas approcher la lisière de l'horloge, de peur de se rendre compte que les quelques heures passées en l'étouffante compagnie de Basil ne forment en réalité qu'une poignée de minutes. Elle évite de l'observer lui aussi, dans un ironique renversement des rôles. Car elle sait que si elle plante ses yeux dans les siens, à ce niveau de tension, elle va exploser. En larmes ou cris, elle l'ignore, mais le but est d'éviter d'obtenir la réponse. Elle garde la mâchoire serrée, le regard froid, sans expression, mais sous le béton lisse, le tonnerre gronde. Elle pense à lui, à eux, à leur histoire d'amour à l'envers. Pas foutus de vivre les étapes dans le bon sens, ils ont commencé par la rancœur pour en arriver aux baisers, finissant par l'indifférence. C'est ce qu'elle croyait, du moins. Qu'ils étaient devenus des étrangers. C'est ce à quoi elle se rattachait – mais cet instant sonne difficilement comme un retour à la case départ, et elle ignore si elle devrait en être peinée ou réjouie. Si Poppy a du mal à le reconnaître, il y a pourtant quelque chose de réconfortant dans la rancune. Avec une arrogance contenue, qui ne s'explique que par le fait que ça soit Basil en face d'elle, et qu'elle doute d'un jour tourner totalement la page, elle est heureuse de se rendre compte que malgré le silence, malgré le fait qu'il ait simplement tourné les talons, elle conserve toujours le pouvoir de lui rentrer sous la peau. Il riposte à la pique de Poppy par une autre, mais sa verve légendaire n'y est plus. Car il n'y a rien dans cette offensive qu'elle risque de vouloir contredire. Elle a des thunes, elle est précieuse, elle est inapte manuellement. Les caractéristiques correspondent trop bien au personnage qu'elle s'est créé, de la façon dont chacun est forcé de le faire pour pouvoir prétendre savoir qui il est, pour qu'elle ne cherche à les contester. Elle garde les jambes croisées, le profil fuyant. Rien là-dedans qui risque de la faire osciller. Peut-être qu'elle a gagné la bataille. Qu'il rend doucement les armes, comme il devrait l'avoir fait plus tôt, car il lui doit cette foutue victoire. Ou peut-être pas. Car ce qui suit est un véritable tremblement de terre. Il démarre entre les lèvres de Basil, parcourt le sol entre leurs deux silhouettes, grimpe le long des jambes de Poppy jusqu'à atteindre ses yeux, sa gorge. Son masque se fend, avant de s'écraser au sol dans un grand fracas silencieux. You weren't good enough for him. Elle a envie de lui sauter à la gorge. Ses doigts la démangent, mais elle reste stoïque, immobile. Et cette rage irrationnelle n'est pas née des mots, ni même de la douleur. Elle naît du fait que, Poppy, les larmes, elle les a toujours gardées pour les morts et là, sous les coups d'un vivant, elle sent la marée montante ourler ses cils. Elle ne répond rien – car que pourrait-elle répondre à cela ? Une tentative de contre-attaque risque de faire couler la flotte qu'elle garde à l'intérieur. Aussi, elle se tait. Et tant pis si c'est le dernier souvenir qu'elle partage avec lui, la dernière image qu'elle emmènera de lui lorsqu'elle fermera la porte de Fortingall derrière elle. You weren't good enough for him. Tant pis si ces mots seront ses derniers mots, les vrais, cette fois. Seriously, move on. Ceux-là, au moins, elle s'en souviendra. Tant pis, tant pis, elle est résolue à ne rien dire, à garder les lèvres serrées jusqu'à ce que la présence pataude du notaire ne vienne éteindre l'électricité qui craquèle dans l'antichambre. Elle est décidée à ne pas bouger d'un pouce, incarnation du marbre, la nuque tendue. Elle ignore ce qui arrive en premier : les mots baignés de cynisme de Basil, l'unique larme qui finit par rouler sur sa joue à elle ou le fait qu'elle se soit levée. Peu importe, voila qu'elle est debout, qu'elle a fait un pas vers lui, puis un second, alors que chaque cellule de son corps lui crie de reculer, de mettre autant de distance entre eux que possible, à savoir 500 miles et un bras d'océan. "Very well. There is, actually. There's a question I'd like to ask." D'un geste agacé, tremblant, elle chasse la larme hors de sa joue de la pulpe de ses doigts. Elle entend des voix de l'autre côté de la porte, qui semblent se rapprocher, mais elle s'en fiche. Basil a posé une question, elle y répond. Politesse de base. Quel amateur. Be careful what you wish for. "I know why I'm mad at you. I have a right to be. But what the fuck did I ever do to make you angry?" Ce n'est pas réellement une question autant qu'un feulement, adressé d'un ton à la fois faible et accusateur. Il est bien placé pour savoir que Poppy jure rarement. Elle connaît trop les mots pour ignorer qu'ils n'ont que la puissance qu'on leur donne. Elle a n'a pas besoin de sortir l'artillerie lourde pour exprimer mécontentement ou rage alors qu'elle choisit toujours exactement ce que ses traits laissent voir ou non. Le regard rivé à celui de Basil, elle lui ouvre son visage. Lui donne tout, en vrac. Douleur, fierté, foudre, deuil, même la fièvre qu'il alimente en elle, le souvenir de ses lèvres, toujours là, jamais bien loin. Et ça fait écho sous son front : seriously, move on. Très bien. Ça fait longtemps qu'elle devrait y être parvenue, de toute façon. Avant qu'il ne puisse le faire, elle répond pour lui. "Keep existing? Is that why you were so horrified to see me here? Should I have disappeared entirely once you were done with me?" Ça résonne sous ses côtes, et elle suppose que Basil les entend aussi, les mots qui ne furent pas prononcés mais qui teintent pourtant l'air entre eux. Congratulations. You've won. I'm leaving.  

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MessageSujet: Re: there are no anchors heavier than people [w/poppy]   Dim 15 Jan - 15:00


Sur le contrecoup de ses paroles, le silence se fait lourd. Basil à braqué ses iris sur Poppy, espérant presque que sous l'insistance de son regard elle daignerait se tourner vers lui à son tour. La tension est si dense dans l'air de l'antichambre qu'il se demande presque comment ils n'ont pas encore étouffé sous son poids. Il guette sa réaction, mais ne détecte rien. Rien, pas la moindre indication qu'elle allait riposter, pas une fissure dans la surface parfaitement lisse du marbre de son visage. Il ignore s'il est soulagé ou déçu, perdu quelque part entre les deux pôles. So that's it. Il détourne les yeux, soudainement si fatigué qu'il a l'impression qu'il lui faudrait dormir des semaines durant pour se rétablir entièrement de cet échange. Finalement, alors qu'il s'est convaincu qu'il s'agirait des derniers mots qu'ils échangeraient, Poppy se lève et le mouvement est si inattendu qu'il en sursaute. Basil remarque enfin une larme solitaire qui dévale l'arrondi de sa joue. Les muscles de sa mâchoire réagissent d'eux-mêmes. Il aurait voulu pouvoir dire que ça n'a pas été son attention, qu'il n'a pas cherché à l'atteindre. Et encore davantage, il aurait aimé penser qu'il est trop noble pour, dans la détresse qu'il ressent à constater la peine qu'il lui a causé, ne pas parvenir à déceler une note de satisfaction à avoir décoché sa flèche dans le noir au centre de la cible. Il n'arrive plus à sommer suffisamment d'énergie pour forcer un autre mensonge au travers de sa propre gorge. C'est tout lui, ça, détruire simplement pour prouver que rien ni personne n'est invincible. Une autre raison pour laquelle ça n'aurait jamais fonctionner à ajouter à la longue liste. Poppy lui annonce qu'elle a une question à lui poser. Il ne faiblit pas, au contraire, son regard s'intensifie comme pour lui dire de continuer, de s'armer de la réplique la plus infâme qu'elle puisse tisser. Il n'est pas déçu quand elle lui demande ce qu'elle a pu faire pour justifier la colère. Parce qu'il est incapable de répondre. La vérité, c'est que Basil est en colère contre tout et tout le monde. Il en veut à ses parents pour n'avoir jamais remarqué son mal, et ce même malgré le fait qu'il ait tout fait en son pouvoir pour le leur cacher. Il maudit Rob pour être entré dans sa vie, pour être devenu un pilier si essentiel à son équilibre pour seulement le laisser s'effondrer comme jamais auparavant quand il en est subitement sorti. Il déteste le sort, le hasard, le destin - appelez-le comme vous le voulez - pour se jouer de lui tel son passe-temps préféré, pour le nourrir de faux-espoirs pour mieux cracher sur lui ensuite. Finalement, une haine pour sa propre personne l'habite parfois si profondément qu'il pourrait en tressaillir, il hait  cette capacité indéfectible qu'il a à répéter les mêmes erreurs, encore et encore. La foudroyante ironie de la situation est que Basil est en colère contre absolument tout, sauf elle. Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayer. Il a consciemment cherché à la blâmer pour tous ses maux, toutes ses ratures et tous ses échecs. Cela aurait rendu les choses tellement, tellement plus facile. Mais rien n'y a fait, c'est aller contre nature et il en est viscéralement incapable. Should I have disappeared entirely once you were done with me? Oui, en tous cas c'est ce qu'il se dit parfois. Tout effacer d'un revers de la main, plus de Rob, plus de Poppy et surtout plus d'eux. Mais l'alternative la plus proche de l'utopie va bientôt devenir réalité, n'est-ce pas ? En un rien de temps, Poppy aura fait ses valises et aura mis les voiles. Elle aura vendu la résidence de sa famille, et des étrangers allaient piétiner sur les vestiges de leur histoire. Il n'aurait, lui, qu'à ranger les derniers souvenirs dans le tiroir "à ne jamais ouvrir à nouveau, sous aucunes circonstances" de son cerveau. Isn't that exactly what you wanted, Cobalt? Traits impassibles, ce qui s'explique plus par un mécanisme automatique que par un effort de les garder ainsi, c'est ce qu'il s'apprête à lui dire. Les morts meurent toutefois sur le bout de sa langue alors que la porte s'ouvre enfin. Glad to see you could make it, Mr Cobalt. Le notaire fait son entrée, sourire amical et démarche assurée, alors qu'il avait perdu espoir de le voir arriver. Il s'avance vers Basil, probablement avec l'intention de lui serrer la main, avant de s'arrêter net. Did I interrupt something? La tension est si palpable qu'elle sans doute impossible à ignorer.  Not at all. La vitesse à laquelle Basil parvient à moduler sa voix pour la rendre légère et agréable, presque comme si la conversation entre lui et Poppy n'a jamais eu lieu, le répugne autant qu'elle le soulage. Le notaire leur fait signe de le suivre dans son bureau. Bien. Il est temps d'en finir.

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